Vivre à coups de musique.
Vivre avec du
jazz et du
blues, vivre en écoutant Doris Day et Sarah Vaughan dans les moments de plénitude, vivre au son de Nina Simone dans les instants de révolte, vivre sous la trompette de Miles Davis ou le piano de Thelonious Monk quand le temps est au calme, vivre en se laissant emporter par l'instrument d'Ella Fitzgerald, et puiser comme un peu de leur bonheur quand ils chantent ensemble, elle et Louis Armstrong.
A croire que la joie est bel et bien contagieuse. J'écoute In A Sentimental Mood. Et je vibre sous la douceur du saxophone de Coltrane et de la délicatesse de Duke Ellington. Tiens, voilà un Fats Waller, je prendrais bien la route pour la Nouvelle Orléans. Oui, tout de suite, maintenant. Avec un sac à dos et des chaussures. et puis, à quoi bon s'encombrer?
J'irai seule, moi et mes désirs, moi et mes envies, mes pulsions, mes folies appelez-ça comme vous le voulez. J'irai guidée par le vent et la rencontre. Guidée par l'homme et le soleil. Peu m'importent mes chances, au final, peu m'importe le temps.
Car je crois Cendrars sur parole, moi qui n'ai jamais rien vu :
Le monde est plein de nègres et de négresses.